Retraite confortable pour un couple : quel budget prévoir en 2025 ?
Un couple marié perçoit en moyenne 2 625 € bruts par mois.
- Pension moyenne nette : 1 420 € par retraité.
- Écart femmes/hommes : -40 % sans réversion.
- Retraite de base privé : 1 220 € par mois.
- Femmes au privé : 1 086 € contre 1 356 € hommes.
- SMIC carrière complète : 930 € mensuels.
- Fonction publique : écart réduit à 14 %.
Retraite moyenne en France : comparatif par profil et par genre
Pour vous situer, sachez que la pension moyenne brute de l’ensemble des retraités (tous régimes confondus) s’établit à 1 531 euros par mois. Ce chiffre masque des disparités importantes selon votre parcours professionnel, votre statut et votre genre. Le tableau ci-dessous compare les profils types pour vous aider à y voir plus clair.
| Profil du retraité | Pension mensuelle brute | Écart avec la moyenne |
|---|---|---|
| Couple marié retraité | 2 625 € | +71 % |
| Homme (tous régimes) | 1 924 € | +26 % |
| Fonctionnaire civil d’État | 1 963 € | +28 % |
| Personne seule (65 ans et plus) | 1 563 € | +2 % |
| Femme (tous régimes) | 1 145 € | -25 % |
| Salarié au SMIC | 930 € | -39 % |
Retraite moyenne : comprendre l’écart entre les femmes et les hommes
L’écart de pension entre les genres reste un marqueur fort du système de retraite français. En moyenne, la pension des femmes est inférieure de 40 % à celle des hommes. Cet écart se réduit à 29,8 % lorsque l’on intègre les pensions de réversion, et il tombe à 14 % dans la fonction publique. Ces différences s’expliquent par des carrières plus souvent hachées, des temps partiels plus fréquents et des salaires moindres en cours de vie active.
Retraite dans le secteur privé : la base et les complémentaires
Pour les salariés du privé, la retraite de base moyenne s’élève à 1 220 euros par mois. Là encore, la répartition par genre est marquée : les hommes perçoivent en moyenne 1 356 euros contre 1 086 euros pour les femmes. Ces montants couvrent uniquement le régime de base ; ils ne tiennent pas compte des retraites complémentaires (Agirc-Arrco), qui représentent aujourd’hui une part significative du revenu final des salariés.
Moyenne nationale et pouvoir d’achat réel
Après prélèvements sociaux, la pension moyenne nette des retraités français est de 1 420 euros par mois. Les fonctionnaires territoriaux et hospitaliers perçoivent environ 1 287 euros, tandis que les militaires atteignent 1 452 euros et les ouvriers d’État 1 607 euros. Notez que le revenu moyen d’un foyer retraité atteint 2 524 euros par mois, un niveau de vie qui reste supérieur à celui de la population active dans son ensemble.
Capital à constituer pour maintenir son niveau de vie à la retraite

Pour combler l’écart entre votre pension de retraite et vos revenus d’activité, la constitution d’un capital financier est une étape clé. L’objectif est simple : anticiper la baisse de revenus liée à l’arrêt du travail, en s’appuyant sur une règle couramment admise : il vous faudrait idéalement un capital équivalent à 3 à 8 fois votre salaire annuel au moment du départ.
Voici les principaux repères à connaître pour dimensionner votre épargne en fonction de votre âge :
À 60 ans : visez un capital représentant 3 à 8 fois votre salaire annuel. Pour un salaire de 30 000 € nets par an, cela représente une enveloppe de 90 000 € à 240 000 €.
À 40 ans : commencez à épargner l’équivalent de 3 ans de salaire. Cet objectif intermédiaire permet de laisser travailler les intérêts composés sur le long terme.
Entre 55 et 60 ans : l’objectif monte à 6 ans de salaire épargnés. À ce stade, l’horizon de placement se réduit, il faut privilégier la sécurisation du capital plutôt que la performance.
Patrimoine médian : à titre de comparaison, le patrimoine net médian des Français âgés de 60 à 69 ans s’élève à 214 300 €. Ce chiffre inclut l’immobilier et les actifs financiers, mais rappelle l’effort d’épargne consenti par les seniors.
Une autre approche consiste à estimer le capital nécessaire à partir du revenu manquant. Si vos revenus passent de 4 000 € à 2 400 € mensuels, il vous manque 1 600 € par mois pour vivre confortablement.
Pour générer cette rente, la règle du 7% de retrait annuel est souvent évoquée. Dans ce cas, un capital de 274 000 € environ serait nécessaire pour produire ces 1 600 € mensuels, sans entamer le capital en théorie. Cette estimation dépend toutefois des rendements des placements et de la durée de la retraite, à prévoir sur 25 à 30 ans.
Méthodes et règles de calcul pour projeter ses revenus
Pour savoir si votre future pension vous permettra de maintenir votre niveau de vie, plusieurs méthodes de calcul fiables existent. La plus citée est la règle des 70 à 80 % : elle consiste à viser une pension représentant 70 à 80 % de votre dernier salaire net. En France, le taux de remplacement moyen atteint 74 % du dernier revenu, un chiffre qui masque de fortes disparités : il peut dépasser 80 % pour un salarié au SMIC, mais tomber sous la barre des 60 % pour un cadre.
- Règle des 70 à 80 % : visez ce ratio entre votre dernière paie et votre pension nette.
- Simulation sur info-retraite.fr : obligatoire en première étape pour obtenir votre relevé officiel de carrière.
- Prévoir 25 à 30 ans : avec un départ à 64 ans, la durée moyenne de retraite à financer est longue.
- Taux de remplacement moyen : 74 % : la référence nationale pour un départ à taux plein.
- Rente viagère : 2 à 5 % du capital : pour convertir votre épargne en revenu annuel complémentaire.
Concrètement, pour un couple visant un revenu de remplacement de 70 %, il faut calculer le manque entre les pensions de base et complémentaires estimées sur info-retraite.fr et l’objectif visé. Par exemple, si votre dernier revenu mensuel du foyer est de 4 000 € et que vos pensions atteignent 2 400 €, il manque 1 600 € par mois à combler par l’épargne.
Pour estimer le capital nécessaire, utilisez la règle du retrait annuel de 7 % : un complément de 1 600 € mensuels (19 200 € annuels) nécessite un capital d’environ 274 000 €. Cette projection doit intégrer l’inflation et une durée de retraite de 25 à 30 ans pour éviter une érosion prématurée du patrimoine.
Placements et stratégies patrimoniales pour compléter sa pension
Pour combler l’écart entre votre pension et vos besoins, plusieurs solutions s’offrent à vous. Le Plan d’Épargne Retraite (PER) permet une sortie en capital ou en rente avec un avantage fiscal à l’entrée, tandis que l’assurance-vie offre des rachats programmés flexibles une fois à la retraite. Les livrets réglementés (Livret A plafonné à 22 950 €, LDDS à 12 000 €) restent des compléments liquides utiles pour les dépenses imprévues. L’immobilier constitue une piste solide : les SCPI et la location meublée génèrent des revenus complémentaires, tandis que le démembrement temporaire de propriété ou le prêt viager hypothécaire permettent de mobiliser un capital sans vendre son bien. Avec une règle de retrait annuel d’épargne de 7%, un capital de 20 0 000 € procure environ 1 167 € par mois, de quoi compenser un taux de remplacement jugé insuffisant, surtout pour les cadres dont la pension plafonne souvent sous les 60% du dernier salaire.
Retraite confortable : combien faut-il pour bien vivre ?
| Profil | Seuil confort mensuel | Pension moyenne constatée |
|---|---|---|
| Personne seule | 2 600 € bruts | 1 563 € bruts |
| Couple | 5 200 € bruts | 2 625 € bruts |
| Cadre | 70-80 % du dernier salaire | Taux de remplacement sous 60 % |
La définition du « bien vivre » à la retraite selon les études
La notion de retraite confortable varie selon les enquêtes, mais un consensus se dégage. L’étude « Pleine de vie » estime qu’une personne seule a besoin de 2 600 € bruts par mois pour vivre confortablement, soit près du double de la pension moyenne des seniors de 65 ans et plus, qui s’élève à 1 563 € par mois. Pour un couple, ce seuil grimpe à 5 200 € bruts mensuels, contre 2 625 € perçus en moyenne par un couple marié retraité.
L’IRES, dans son enquête de 2024, fixe le montant d’une « bonne retraite » à 1 634 € par mois, hors logement. Cette somme se rapproche du niveau de vie moyen des retraités, estimé à 1 850 € par mois en 2018, légèrement supérieur à celui de l’ensemble de la population française.
Seuils de confort : personne seule, couple et cadre
Le taux de remplacement soit le rapport entre pension et dernier salaire constitue un indicateur clé. La règle des 70 à 80 % du dernier revenu est souvent recommandée pour maintenir son niveau de vie. Or, le taux de remplacement moyen en France atteint 74 %, mais il chute sous la barre des 60 % pour les cadres.
Pour un couple propriétaire de son logement, le budget se concentre sur l’alimentation, la santé et les loisirs. Une mutuelle adaptée devient indispensable : 70 % des retraités se disent d’ailleurs inquiets de la hausse de ces cotisations, et 3 retraités sur 10 renoncent à des soins médicaux pour des raisons financières.
Dépenses des retraités : budget type et charges à anticiper pour un couple
Budget mensuel type d’un couple propriétaire
Anticiper ses dépenses est l’une des clés pour évaluer le montant d’une retraite confortable pour un couple. Un budget réaliste dépend fortement du statut d’occupation du logement. Être propriétaire sans crédit change considérablement la donne : dans ce cas, le niveau de vie moyen des retraités, estimé à 1 850 euros par mois, est souvent suffisant pour couvrir les besoins essentiels.
Logement : charges et taxes foncières : pour un couple propriétaire, le budget mensuel moyen alloué aux charges courantes et à la taxe foncière se situe généralement entre 250 et 400 euros.
Alimentation : environ 600 € mensuels : ce poste représente une part fixe importante. Pour un couple, il faut compter en moyenne 600 euros par mois pour des courses de qualité.
Santé et mutuelle : budget croissant : le reste à charge augmente avec l’âge. Une bonne mutuelle senior coûte fréquemment entre 100 et 200 euros par mois par couple.
Loisirs et transport : variable d’ajustement : c’est le poste sur lequel il est plus facile de moduler. Les dépenses liées aux sorties, voyages et au carburant peuvent varier de 200 à 500 euros.
Aide famille : 195 € mensuels pour 16 % : selon les études, 16 % des retraités aident financièrement leurs enfants ou petits-enfants à hauteur de 195 euros par mois en moyenne, une dépense à ne pas négliger dans la projection.
Charges à anticiper : logement, santé et inflation
Au-delà du quotidien, il est crucial d’intégrer les postes de dépenses en forte hausse. La santé est un point de vigilance majeur, car 3 retraités sur 10 déclarent renoncer à des soins médicaux à cause de leur coût. L’inquiétude face à l’augmentation des mutuelles concerne d’ailleurs 70 % des retraités.
L’inflation est un autre facteur à surveiller : avec une hausse des prix de 2,8 % enregistrée en 2021, le pouvoir d’achat des pensions s’est érodé. Pendant ce temps, la pension moyenne baissait de 1,3 %. Pour maintenir un niveau de vie confortable, prévoyez une marge de sécurité dans votre budget afin d’absorber ces chocs sans entamer votre capital. Si le logement est encore en crédit, prévoyez qu’il puisse représenter jusqu’à 35 % de vos revenus, ce qui réduit d’autant la marge pour les loisirs et l’épargne de précaution.
