Flat tax 2026 : taux 31,4 %, calcul, optimisation et stratégies

Le prélèvement forfaitaire unique passe de 30 % à 31,4 %.

  • Hausse liée à la CSG patrimoine qui grimpe de 9,2 % à 10,6 %.
  • La part impôt reste à 12,8 %, les prélèvements sociaux atteignent 18,6 %.
  • Dividendes, plus-values, intérêts et crypto-actifs sont concernés.
  • Les livrets réglementés (Livret A, LEP) restent exonérés.
  • Le surcoût est de 1,4 point pour tous les revenus du capital.

Taux de la flat tax en 2026 : hausse de 30 % à 31,4 %

Le passage au nouveau taux de la flat tax est acté. En raison de la hausse de la CSG, le prélèvement forfaitaire unique (PFU) passe de 30 % à 31,4 % au 1er janvier. Cette augmentation s’applique aux revenus perçus sur l’ensemble de l’année, et non sur les opérations réalisées avant cette date. Concrètement, voici ce qui change avec ce nouveau barème :

Taux global du PFU : passage de 30 % à 31,4 % soit un surcoût de 1,4 point pour tous les revenus du capital.
Cause de la hausse : la CSG patrimoine augmente de 9,2 % à 10,6 %, décision votée dans le cadre de la LFSS.
Prélèvements sociaux : le taux global passe de 17,2 % à 18,6 % (CSG à 10,6 % + CRDS à 0,5 % + prélèvement de solidarité à 7,5 %).
Décomposition du nouveau taux : la part impôt sur le revenu reste figée à 12,8 %, tandis que les prélèvements sociaux représentent désormais 18,6 %. La somme des deux donne bien 31,4 %.
Périmètre d’application : cette hausse concerne les revenus perçus à partir de la nouvelle année, et déclarés l’année suivante. Les revenus antérieurs restent taxés à l’ancien taux de 30 %.

Revenus soumis à la flat tax : dividendes, plus-values, intérêts et crypto

flat tax 31 4

Le prélèvement forfaitaire unique s’applique à l’ensemble des revenus du capital perçus par les personnes physiques. Les dividendes distribués par les sociétés soumises à l’impôt sur les sociétés (SAS, SARL, SA) constituent le premier périmètre concerné, tout comme les plus-values de cession d’actions, de parts sociales ou d’obligations.

Les revenus issus des comptes à terme, obligations et livrets non réglementés, ainsi que les gains sur crypto-actifs réalisés lors de leur conversion en monnaie légale, relèvent également du taux forfaitaire de 31,4 %. Une base imposable brute, sans abattement, est soumise à cette taxation unique.

Tous les placements ne sont pas concernés par cette hausse. Les livrets réglementés (Livret A, LDDS, LEP) restent totalement exonérés, tandis que l’assurance-vie et le PEA après cinq ans bénéficient d’un régime fiscal distinct plus favorable.

Comment calculer la flat tax et choisir entre PFU et barème progressif ?

Montant du revenu Flat tax 30 % Flat tax 31,4 % Cas d’application
1 000 € 300 € 314 € Dividendes, plus-values mobilières
2 000 € 600 € 628 € Intérêts de compte à terme
10 000 € 3 000 € 3 140 € Cession de titres imposables

La différence de 1,4 point peut sembler minime, mais elle pèse lourd sur les gros montants : pour 100 000 € de dividendes, l’écart atteint 1 400 € par an.

Calculer la flat tax : formule détaillée et exemples chiffrés

La formule est simple : 12,8 % d’impôt sur le revenu + 18,6 % de prélèvements sociaux = 31,4 %. La base imposable est le montant brut, sans abattement ni déduction.

Prenons un exemple concret : un dividende brut de 2 000 €. La flat tax s’élève à 628 €, soit 314 € pour 1 000 € de revenus. Pour les plus-values, seule la plus-value nette (gains annuels diminués des moins-values) est imposée. Les moins-values peuvent se reporter 10 ans sur des plus-values de même nature.

Flat tax ou barème progressif : comment choisir selon son TMI ?

L’option pour le barème progressif (case 2OP) se fait chaque année, lors de la déclaration, et s’applique à tous vos revenus du capital. Elle devient intéressante si votre TMI est de 0 % ou 11 %. Dans ce cas, les dividendes bénéficient d’un abattement de 40 % : seuls 60 % du montant brut sont imposés au barème.

La CSG déductible de 6,8 % ne s’applique qu’en optant pour le barème. Les prélèvements sociaux restent dus dans tous les cas.

L’exemple d’un dirigeant de SASU qui se verse 40 000 € de dividendes est parlant : avec un TMI de 41 %, l’option barème permet une économie d’environ 2 480 € par rapport au PFU. Pour un TMI de 30 % ou plus, la flat tax reste le plus souvent plus avantageuse à condition de vérifier votre situation familiale complète avant de trancher.

Stratégies pour éviter ou réduire la flat tax

Optimiser avec l’assurance-vie, le PEA et les placements exonérés

Face à la hausse du taux global, l’enveloppe la plus puissante reste le PEA. Après 5 ans de détention, les gains et dividendes sont totalement exonérés d’impôt sur le revenu ; seuls les prélèvements sociaux à 18,6 % s’appliquent au moment du retrait. C’est un avantage décisif par rapport à la flat tax de 31,4 %.

L’assurance-vie offre aussi une échappatoire intéressante. Après 8 ans de contrat, chaque retrait bénéficie d’un abattement annuel de 4 600 € pour une personne seule et 9 200 € pour un couple. Concrètement, un couple peut retirer jusqu’à 9 200 € de gains par an sans payer un centime d’impôt sur le revenu, uniquement les prélèvements sociaux à 17,2 % soit un taux effectif de 24,7 % après 8 ans, sensiblement inférieur aux 31,4 %.

  • Livrets réglementés : Livret A, LDDS, LEP exonération totale d’impôt et de prélèvements sociaux.
  • PEA : exonération d’IR après 5 ans, prélèvements sociaux à 18,6 % seulement.
  • Assurance-vie : abattement 4 600 €/9 200 € après 8 ans, taux réduit à 24,7 %.

Cas des dirigeants : dividendes, statut TNS et cotisations sociales

Pour un dirigeant, la stratégie dépend avant tout du statut. En SASU, les dividendes sont soumis à la flat tax classique de 31,4 %, sans cotisations sociales supplémentaires. En revanche, un dirigeant de SARL au statut TNS subit des cotisations sociales à 45 % sur la part des dividendes excédant 10 % du capital social une charge lourde qui rend parfois l’option du barème progressif plus avantageuse.

Prenons un dirigeant qui perçoit 40 000 € de dividendes bruts. Au barème progressif, l’abattement de 40 % ramène la base imposable à 24 000 €, et la CSG déductible de 6,8 % vient encore réduire l’assiette. Pour un TMI de 30 %, l’économie peut atteindre 2 480 € par an par rapport au PFU. L’option case 2OP se choisit chaque année lors de la déclaration : elle est pertinente si votre TMI est faible (0 % ou 11 %), mais perd tout intérêt dès 30 %.

Enfin, les plus-values sur titres pré-2018 conservent leurs abattements historiques : 50 % après 2 ans de détention, 65 % après 8 ans une niche à vérifier pour les portefeuilles anciens. Pour les montants très élevés, la CDHR (contribution différentielle sur hauts revenus) à partir de 250 000 € de revenus (personne seule) peut alourdir la note : une planification patrimoniale s’impose alors.

Placements exonérés de la hausse : livrets, PEA et assurance-vie

La bonne nouvelle, c’est que tous les revenus du capital ne sont pas concernés par cette hausse de 1,4 point. Une partie des placements les plus populaires reste totalement protégée, que ce soit de l’impôt sur le revenu ou des prélèvements sociaux. Voici la liste précise des enveloppes exonérées ou simplement non concernées par le passage à 31,4 %.

  • Livret A, LDDS, LEP : exonération totale d’impôt et de prélèvements sociaux
  • Assurance-vie : prélèvements sociaux maintenus à 17,2 %
  • PEA après 5 ans : exonération d’impôt sur le revenu
  • PEL / CEL : intérêts exonérés d’IR après 12 ans
  • Revenus fonciers : prélèvements sociaux inchangés à 17,2 %
  • PEP : conserve ses prélèvements sociaux à 17,2 %

Concrètement, si vous détenez un Plan d’Épargne en Actions (PEA) depuis plus de 5 ans, vos gains restent soumis uniquement aux prélèvements sociaux, désormais fixés à 18,6 %. L’impôt sur le revenu de 12,8 % ne s’applique pas, ce qui fait du PEA l’un des placements les plus efficaces pour les investisseurs en actions sur le long terme. Gardez toutefois à l’esprit que les retraits avant 5 ans entraînent la clôture du plan et la perte de cet avantage fiscal.

Côté assurance-vie, l’épargne est particulièrement bien traitée : les prélèvements sociaux restent à 17,2 %, et l’impôt sur le revenu est réduit à 7,5 % après 8 ans de détention, dans la limite des versements. Les abattements annuels de 4 600 € pour une personne seule et de 9 200 € pour un couple s’appliquent sur les gains retirés, ce qui peut neutraliser presque totalement la fiscalité sur les petits contrats. Seuls les versements dépassant 150 000 € sont imposés à un taux supérieur, mais le socle de base reste très avantageux.

Si votre objectif est de sécuriser un complément de revenus sans subir la flat tax, les livrets réglementés Livret A, LDDS et LEP demeurent la solution la plus simple : aucun impôt, aucun prélèvement social, quelle que soit la durée de détention. Leur plafond est limité, mais ils constituent la poche de liquidités idéale pour votre épargne de précaution.

Qu’est-ce que la flat tax : définition et fonctionnement du PFU

Le prélèvement forfaitaire unique (PFU), plus connu sous le nom de flat tax, est un impôt à taux unique qui s’applique aux revenus du capital. Instauré par la loi de finances pour 2018, il simplifie l’imposition des dividendes, plus-values et intérêts avec un taux global de 31,4 % en 2026, contre 30 % auparavant.

Son fonctionnement repose sur un prélèvement automatique à la source au moment du versement des revenus. L’établissement financier prélève d’abord un acompte de 12,8 % correspondant à l’impôt sur le revenu, puis les prélèvements sociaux de 18,6 %. Cet acompte n’est pas libératoire : il est régularisé lors de la déclaration de revenus, et vous pouvez opter pour le barème progressif si votre tranche marginale d’imposition est faible (0 % ou 11 %).