Don Sarkozy : montant, conditions et déclaration du don familial de 31 865 €
Le don familial est exonéré de droits mais reste rapportable à la succession.
- Transmission en pleine propriété uniquement, selon l’article 790 G du CGI.
- Le montant exonéré est plafonné à 31 865 € par donateur et bénéficiaire.
- Donateur de moins de 80 ans et bénéficiaire majeur ou émancipé.
- Formes acceptées : virement, chèque, mandat ou espèces.
- Exclut les biens immobiliers et parts sociales, réservé aux sommes d’argent.
- Se cumule avec l’abattement parent-enfant de 100 000 €.
Qu’est-ce que le don Sarkozy ? Définition, principe et cadre légal
Définition et origine du dispositif
Le « don Sarkozy », officiellement appelé don familial de sommes d’argent, est un dispositif fiscal créé par la loi TEPA et codifié à l’article 790 G du Code général des impôts. Son objectif est simple : faciliter la transmission intergénérationnelle en permettant de donner de l’argent à un proche en totale franchise de droits de donation, dans la limite d’un plafond de 31 865 € par bénéficiaire et par donateur.
Ce mécanisme doit son surnom à Nicolas Sarkozy, président de la République lors de son adoption. Il s’inscrit dans une logique d’optimisation successorale : l’argent circule de façon fluide entre générations, sans alourdir la fiscalité du donateur. Concrètement, le don est totalement exonéré de droits, quelle que soit la somme transmise, tant qu’elle respecte le plafond légal.
Formes de dons acceptées et nature des sommes
Tous les types de dons ne sont pas éligibles. Le dispositif est strictement réservé aux sommes d’argent les biens immobiliers, les parts sociales ou les objets de valeur en sont exclus. Voici les formes acceptées :
- Virement bancaire méthode la plus traçable
- Chèque simple et rapide à établir
- Mandat solution pratique pour petits montants
- Espèces à limiter pour des raisons de preuve
Le don doit obligatoirement être consenti en pleine propriété : le bénéficiaire reçoit la somme sans restriction ni condition de retour. Un legs immobilier ou un don en nue-propriété ne relèvent pas de ce cadre spécifique. Pour un donateur âgé de 61 à 70 ans, la valeur de la nue-propriété est toutefois estimée à 60 % de la valeur du bien, ce qui peut influencer une stratégie patrimoniale globale.
Conditions d’éligibilité : âge des donateurs, bénéficiaires et nature du don

Pour bénéficier de l’exonération, le donateur doit avoir moins de 80 ans au jour de la transmission. Le bénéficiaire, quant à lui, doit obligatoirement être majeur (18 ans) ou émancipé. Cette condition d’âge est stricte et vérifiée au moment précis du don, sans possibilité de régularisation ultérieure.
Le dispositif concerne uniquement les sommes d’argent, excluant les biens immobiliers ou mobiliers. Le don s’effectue en pleine propriété, par virement, chèque, mandat ou espèces. Les bénéficiaires éligibles sont les enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants, ainsi que les neveux et nièces en l’absence de descendants directs.
En cas de démembrement de propriété, la valeur de la nue-propriété est retenue à 60 % lorsque le donateur est âgé de 61 à 70 ans. Cette règle permet d’optimiser la transmission tout en respectant le plafond d’exonération de 31 865 €.
Plafond d’exonération : montant du don Sarkozy et renouvellement (31 865 €)
Le montant exonéré du don Sarkozy est fixé à 31 865 €, un plafond précis qui s’applique pour chaque donateur et pour chaque bénéficiaire. Concrètement, un grand-parent peut transmettre cette somme à chacun de ses petits-enfants sans que ceux-ci ne paient le moindre droit de donation. Ce plafond n’est pas indexé sur l’inflation : il reste figé, même si la loi de finances a gelé l’ensemble des abattements successoraux jusqu’au 31 décembre 2028.
| Élément du dispositif | Valeur du plafond | Condition d’application |
|---|---|---|
| Exonération par donateur | 31 865 € | Par bénéficiaire désigné |
| Renouvellement du plafond | Tous les 15 ans | Période glissante |
| Cumul par donateur | Multiple | Un plafond par bénéficiaire |
Le renouvellement s’effectue sur une période glissante de 15 ans : si vous avez consenti un don familial en 2018, vous pourrez de nouveau bénéficier de l’exonération totale à compter de 2033, sans attendre une quelconque reconduction légale. Cette fenêtre de 15 ans se calcule à partir de la date exacte du premier versement.
Le dispositif joue sur la cumulativité des plafonds, ce qui en fait un outil de transmission redoutablement efficace. Un couple de grands-parents peut ainsi transmettre à un seul petit-enfant 63 730 € (2 × 31 865 €) en franchise totale. Pour une famille avec deux enfants, le total transmis par le même couple atteint 127 460 €, toujours sans le moindre euro de droits de donation.
Attention toutefois à la nature du don : seules les sommes d’argent sont éligibles à ce plafond spécifique. Un don de biens immobiliers, de valeurs mobilières ou de parts sociales ne relève pas de l’article 790 G du Code général des impôts et tombe sous le régime classique des abattements. Le versement doit également être réalisé en pleine propriété, condition sine qua non pour profiter de l’exonération intégrale.
Déclaration du don Sarkozy : formulaire 2735, délais et démarches obligatoires
Déclarer un don Sarkozy n’est pas une option : c’est une obligation légale, même lorsque le montant transmis est entièrement exonéré de droits de donation. L’administration fiscale doit pouvoir tracer chaque somme d’argent qui circule entre générations, y compris dans le cadre de ce dispositif avantageux.
La démarche repose sur une logique simple : c’est au bénéficiaire du don (le donataire) de réaliser la déclaration, et non au donateur. Cette responsabilité implique de respecter un calendrier strict, sous peine de voir l’exonération remise en cause.
- Déclaration obligatoire : même pour un don totalement exonéré, la transmission doit être signalée aux impôts.
- Déclarant responsable : le bénéficiaire du don effectue la démarche, jamais le donateur.
- Délai d’un mois : la déclaration doit être déposée dans le mois suivant la réception des fonds.
- Formulaire 2735-SD : à utiliser pour un don inférieur à 15 000 €.
- Formulaire 2734 : obligatoire dès que le don dépasse 15 000 €.
Déclaration en ligne : une démarche désormais dématérialisée
La déclaration s’effectue exclusivement en ligne via votre espace particulier sur le site des impôts. Le service « Déclarez un don manuel » permet de renseigner les informations essentielles : identité du donateur, lien de parenté, date et montant du don. La déclaration papier ne subsiste que pour des cas exceptionnels, notamment en l’absence totale d’accès au numérique.
Une fois la déclaration validée, l’administration confirme la prise en compte du don. Conservez précieusement cet accusé : il constitue la preuve du respect du délai d’un mois et sécurise le renouvellement du plafond de 31 865 € pour les 15 prochaines années.
Cumul du don Sarkozy avec l’abattement de 100 000 € : optimisation fiscale
Le principal atout du don Sarkozy réside dans sa parfaite indépendance vis-à-vis de l’abattement classique parent-enfant. Un parent peut transmettre 31 865 € en exonération totale via ce dispositif, sans entamer son abattement personnel de 100 000 € réservé aux donations classiques. Le cumul des deux mécanismes permet ainsi de transmettre 131 865 € à chaque enfant, totalement exonérés de droits de donation. Pour un couple, ce montant atteint 263 730 € pour un enfant unique.
Cette stratégie d’optimisation repose sur la consommation successive des abattements : le don Sarkozy s’applique en premier, puis l’abattement de 100 000 € couvre le surplus. Concrètement, un couple peut verser 20 000 € à deux enfants via ce cumul, atteignant 127 460 € de transmission totale sans imposition. Le taux marginal maximal de 45 % ne s’applique qu’au-delà de ces seuils, ce qui rend cette double exonération particulièrement avantageuse pour les familles souhaitant anticiper une succession.
Bénéficiaires éligibles, lien de parenté et abattements applicables
Le don Sarkozy s’adresse à un cercle familial précis, et chaque lien de parenté ouvre droit à des abattements et des taux d’imposition différents. Bien comprendre ces règles permet d’anticiper le coût fiscal d’un éventuel excédent.
Voici un tableau récapitulatif des principaux cas de figure, intégrant l’abattement applicable et le taux d’imposition qui s’applique au-delà de cet abattement.
| Lien de parenté | Abattement applicable | Taux d’imposition excédentaire |
|---|---|---|
| Parent → enfant | 100 000 € | 5 % à 45 % (barème progressif) |
| Grand-parent → petit-enfant | 31 865 € | 5 % à 45 % (barème progressif) |
| Arrière-grand-parent → arrière-petit-enfant | 5 310 € | 5 % à 45 % (barème progressif) |
| Frère → sœur | 15 932 € | 35 % jusqu’à 24 430 €, puis 45 % |
| Oncle/tante → neveu/nièce | 7 967 € | 55 % |
Détails des abattements par lien de parenté
Pour un don de 31 865 € à un petit-enfant, l’abattement spécifique de 31 865 € s’applique intégralement. Résultat : aucun droit de donation n’est dû. Un couple de grands-parents peut ainsi transmettre 63 730 € à un petit-enfant en cumulant leurs deux enveloppes.
Le dispositif fonctionne aussi pour les neveux et nièces, mais uniquement en l’absence de descendants directs. L’abattement tombe alors à 7 967 €, et le taux d’imposition grimpe à 55 % sur l’excédent. Pour les enfants en revanche, le cumul avec l’abattement classique de 100 000 € permet d’atteindre 131 865 € sans aucun impôt.
Il est important de noter que ces abattements se renouvellent tous les 15 ans pour un même bénéficiaire. Un grand-parent peut donc transmettre à un petit-enfant 31 865 € tous les 15 ans sans déclencher d’impôt. En cumulant les donations des deux grands-parents, le total transmis atteint 63 730 € pour la première période, puis à nouveau la même somme 15 ans plus tard.
Le don Sarkozy est-il rapportable à la succession ? Rappel fiscal et aspects civils
Sur le plan fiscal, la réponse est claire : le don familial de sommes d’argent n’est jamais réintégré à la succession du donateur, quelle que soit la date du don. Le rappel fiscal prévu à l’article 784 du CGI ne s’applique pas à ce dispositif, ce qui garantit une exonération définitive des 31 865 € transmis.
En revanche, sur le plan civil, le don est rapportable par défaut à la succession. Cela signifie qu’au décès du donateur, la somme devra être réintégrée dans le calcul de la part d’héritage réservataire du bénéficiaire, sauf si une clause de dispense de rapport a été expressément prévue dans un acte notarié.
Pour sécuriser la transmission et éviter qu’un héritier ne conteste la donation, il est conseillé de faire rédiger cette clause par un notaire. Elle protège le bénéficiaire et garantit que le don conserve son caractère définitif, sans impacter les droits des autres héritiers.
