Don Sarkozy : conditions, plafond d’exonération et cumul des abattements
Le don Sarkozy exonère de droits jusqu’à 31 865 € par donataire.
- Donateur âgé de moins de 80 ans.
- Donataire majeur ou émancipé.
- Don de somme d’argent en pleine propriété.
- Formulaire 2735 ou 2734 selon le montant.
- Déclaration dans le mois suivant le don.
Conditions d’éligibilité du don Sarkozy
Le don Sarkozy repose sur des conditions d’éligibilité précises, encadrées par l’article 790 G du Code général des impôts. Pour en bénéficier, le donateur et le donataire doivent respecter plusieurs critères liés à l’âge, au lien de parenté et à la nature du don.
- Donateur : âge maximum de 80 ans au moment du don.
- Donataire : âge minimum de 18 ans, ou mineur émancipé.
- Nature du don : somme d’argent exclusivement, en pleine propriété.
- Moyens acceptés : espèces, virement, chèque ou mandat.
- Lien de parenté : enfant, petit-enfant, arrière-petit-enfant, neveu ou nièce.
Le donateur doit transmettre la somme de son vivant, ce qui exclut les dons effectués via une assurance-vie ou un testament. Le donataire, quant à lui, doit avoir la pleine capacité juridique : il doit être majeur ou émancipé pour recevoir le don sans l’intervention d’un représentant légal.
Le montant transmis ne doit pas servir à financer un investissement ou un bien spécifique, à la différence des 7 solutions financement qui impliquent un projet défini: il s’agit d’un don de sommes d’argent pur, sans contrepartie. Le non-respect de ces critères entraîne la perte du bénéfice de l’exonération et l’application des droits de mutation classiques.
La condition d’âge du donateur se vérifie au jour précis de la transmission. Si le donateur a fêté ses 80 ans la veille du don, le dispositif n’est plus accessible. Il convient donc d’anticiper la transmission pour sécuriser l’avantage fiscal.
Comment déclarer un don Sarkozy ?

La déclaration d’un don familial de somme d’argent est une formalité incontournable, même lorsque le montant transmis est entièrement exonéré de droits. Le donataire, c’est-à-dire la personne qui reçoit l’argent, est responsable de cette démarche auprès du service des impôts dont il dépend.
La première étape consiste à choisir le bon formulaire, en fonction du montant du don reçu. Le seuil déterminant est fixé à 15 000 euros. En dessous de ce montant, le donataire utilise le formulaire n° 2735 (Cerfa n° 14579*02). Au-delà de 15 000 euros, c’est le formulaire n° 2734 qui doit être rempli. Ces documents sont disponibles en ligne sur le site officiel des impôts.
- Formulaire 2735 : pour les dons dont le montant est inférieur ou égal à 15 000 euros.
- Formulaire 2734 : pour les dons dont le montant est supérieur à 15 000 euros.
- Délai légal : la déclaration doit être effectuée dans le mois suivant la date du don.
- Déclarant : le donataire (la personne qui reçoit) auprès de son service des impôts.
- Obligation : la déclaration reste obligatoire même si le don est totalement exonéré de droits.
Cette obligation de déclaration, même en cas d’exonération, permet à l’administration fiscale de suivre l’utilisation du plafond de 31 865 euros sur une période de 15 ans. Une fois la déclaration transmise dans les délais, le donataire reçoit un justificatif attestant de la régularité de l’opération, ce qui lui garantit une sécurité juridique pour l’avenir.
Fiscalité et exonération des droits de mutation
Le dispositif, encadré par l’article 790 G du Code général des impôts, permet une exonération totale des droits de mutation pour les dons de sommes d’argent dans la limite du plafond de 31 865 euros. Cet avantage fiscal est majeur : la somme transmise est définitivement exonérée et n’est pas réintégrée dans la succession du donateur, ce qui optimise la transmission patrimoniale sur le long terme.
Toute somme versée au-delà de ce plafond bascule dans le régime fiscal de droit commun. Elle s’impute alors sur l’abattement applicable selon le lien de parenté, puis est taxée si elle le dépasse. Par exemple, pour un don entre frères et sœurs, la part taxable est soumise à un prélèvement de 35 % jusqu’à 24 430 euros, puis de 45 % au-delà de ce montant. Dans tous les cas, la déclaration reste obligatoire, même lorsque l’exonération couvre la totalité du don.
Montant maximum, cumul des abattements et plafond d’exonération
Montant maximum et plafond d’exonération
Le cœur du dispositif repose sur un plafond d’exonération de 31 865 euros par bénéficiaire. Concrètement, un donateur peut transmettre cette somme à chacun de ses enfants, petits-enfants, neveux ou nièces, sans que le bénéficiaire ait à payer le moindre droit de mutation.
- Plafond : 31 865 € par bénéficiaire
- Renouvelable : tous les 15 ans
- Période glissante : 15 ans pour chaque nouveau don
- Ancien seuil : 30 000 € avant 2007
Ce plafond s’apprécie donataire par donataire. Si vous avez déjà donné à votre fils il y a 10 ans, vous ne pourrez pas lui refaire un don exonéré tant que la période de 15 ans ne sera pas écoulée. En revanche, vous pouvez donner 31 865 € à votre fille qui n’a jamais reçu de don de votre part.
Cumul avec les abattements de droit commun
L’avantage majeur du don Sarkozy réside dans sa cumulabilité avec les abattements classiques. Pour un enfant, l’abattement de droit commun s’élève à 100 000 euros. En combinant les deux dispositifs, un parent peut transmettre jusqu’à 131 865 euros à chacun de ses enfants, tous les 15 ans, sans aucun droit à payer.
La subtilité fiscale est essentielle à comprendre : un don de 31 865 € ou moins ne consomme pas l’abattement de 100 000 €. Autrement dit, vous pouvez offrir 31 865 € à votre enfant aujourd’hui, puis lui donner 100 000 € quelques années plus tard, et l’ensemble restera parfaitement exonéré. En revanche, tout don supérieur à 31 865 € viendra entamer l’abattement de 100 000 € sur la partie excédentaire.
Pour les frères et sœurs, l’abattement est fixé à 15 932 euros, avec une taxation à 35 % jusqu’à 24 430 euros puis à 45 % au-delà. Les neveux et nièces bénéficient quant à eux d’un abattement de 7 967 euros. Dans ces deux cas, le cumul avec le don Sarkozy reste possible, mais le plafond de 31 865 € s’applique également.
Définition, principe et bénéficiaires éligibles du don familial
Définition et principe du don familial
Le don familial de somme d’argent, plus connu sous le nom de « don Sarkozy », est un dispositif fiscal instauré en 2004 sous le gouvernement de Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Économie. Son objectif est clair : encourager la transmission patrimoniale entre proches en offrant une exonération totale des droits de mutation dans la limite d’un plafond fixé à 31 865 euros par bénéficiaire.
Contrairement à une idée reçue, ce dispositif n’est pas une mesure temporaire. Il a été pérennisé et intégré au Code général des impôts (article 790 G), ce qui lui confère une stabilité juridique totale. Le principe est simple : un donateur peut transmettre une somme d’argent à un proche, sans que celui-ci ait à payer d’impôt, à condition de respecter les règles d’âge et de parenté prévues par la loi.
Bénéficiaires éligibles du dispositif
Ce dispositif s’applique en l’absence de descendance directe exigée, ce qui le rend accessible à un large cercle familial. Les bénéficiaires éligibles sont les suivants :
- Enfants : abattement 100 000 € cumulable avec le don Sarkozy
- Frères et sœurs : abattement 15 932 € tous les 15 ans
- Neveux et nièces : abattement 7 967 € tous les 15 ans
Pour les petits-enfants et arrière-petits-enfants, le dispositif s’applique également, avec des abattements spécifiques prévus par le Code général des impôts. Concrètement, cela signifie qu’un grand-père de moins de 80 ans peut transmettre 31 865 euros à chacun de ses petits-enfants sans que ceux-ci ne paient le moindre euro de droits de donation.
Dans tous les cas, le plafond de 31 865 euros se renouvelle tous les 15 ans pour chaque bénéficiaire. Cette fenêtre de renouvellement permet d’optimiser les transmissions sur le long terme, en organisant des dons successifs au fil des années.
